Secteur bancaire : des effectifs en recul, des recrutements qui ralentissent, une parité qui questionne...

31 juillet 2026


Chères adhérentes, chers adhérents,

Le secteur bancaire français poursuit sa transformation. Portées par la numérisation des services, l'évolution des habitudes des clients et la recherche de gains de productivité, les banques continuent d'ajuster leurs effectifs. Les chiffres publiés par la Fédération bancaire française (FBF) montrent ainsi un nouveau ralentissement des embauches en 2025, tandis que le nombre total de salariés poursuit sa baisse.

Selon les données de l'observatoire annuel des métiers de la banque, 34.400 personnes ont été recrutées l'an dernier. Il s'agit du niveau le plus faible enregistré depuis 2013, avec un recul de 10,2 % par rapport à 2024. Une évolution qui s'inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs années : les départs liés aux retraites, aux démissions ou encore aux licenciements ne sont plus systématiquement compensés.

Des effectifs en diminution

Cette politique de non-remplacement se traduit directement dans les chiffres de l'emploi. Fin 2025, les banques françaises comptaient 350.700 salariés en CDI et en CDD, soit une baisse de 0,7 % sur un an, selon la FBF. Hors alternance, il faut remonter à 2021 pour retrouver un effectif aussi limité.

Toutes les enseignes ne sont toutefois pas concernées avec la même intensité. Les établissements membres de l'Association française des banques (AFB), parmi lesquels figurent notamment BNP Paribas ou Société Générale, enregistrent une contraction plus rapide de leurs effectifs que les grands groupes mutualistes tels que Crédit Agricole, Crédit Mutuel, Banques Populaires ou Caisses d'Épargne.

Cette différence s'explique notamment par les programmes de réorganisation engagés ces dernières années. Société Générale poursuit par exemple un vaste plan d'adaptation prévoyant la suppression de 1.800 postes supplémentaires en France d'ici fin 2027, après une précédente réduction de 3.700 emplois entre 2023 et 2025.

Une mutation engagée depuis plusieurs décennies

Les interrogations sur l'avenir de l'emploi bancaire ne datent pas d'hier. Dès la fin des années 1970, certains experts s'interrogeaient déjà sur la capacité du secteur à maintenir durablement ses effectifs face aux progrès technologiques. L'informatisation des opérations, puis l'essor des services en ligne, ont progressivement réduit le besoin d'effectuer de nombreuses tâches administratives en agence.

Aujourd'hui, une nouvelle étape s'ouvre avec le développement de l'intelligence artificielle. Les banques expérimentent déjà ces outils pour automatiser certaines opérations, améliorer la relation client, renforcer la lutte contre la fraude ou accélérer le traitement des dossiers. Si ces innovations créent également de nouveaux besoins en compétences numériques, elles alimentent aussi les interrogations sur l'évolution des métiers traditionnels.

Le recul de l'apprentissage se confirme

Autre enseignement de l'étude : le nombre d'alternants diminue lui aussi. En 2025, le secteur bancaire comptait 18.100 apprentis et alternants, soit une baisse de 8,6 % en un an, là encore au plus bas depuis 2021.

Pour la Fédération bancaire française, cette évolution s'explique principalement par la diminution des aides publiques accordées aux employeurs recrutant des apprentis. Depuis 2024, le soutien financier de l'État a été revu à la baisse, réduisant mécaniquement l'attractivité de ce dispositif pour les grandes entreprises.

Interrogée le 21 juillet, la présidente de la FBF, Maya Atig, a toutefois souligné que la baisse observée dans la banque restait plus limitée que dans d'autres secteurs économiques, malgré ce changement de politique publique.

Des progrès encore limités sur la parité

Avec près de 1,8 % de l'emploi salarié privé en France, le secteur bancaire reste un employeur majeur. Les femmes représentent plus de 56 % des effectifs, ce qui en fait une majorité parmi les salariés.

Cette représentation s'amenuise toutefois à mesure que l'on gravit les échelons hiérarchiques. Les principales banques françaises restent largement dirigées par des hommes. Chez BNP Paribas, Société Générale ou encore Crédit Agricole SA, les fonctions de direction générale sont exclusivement occupées par des profils masculins.

Quelques établissements font néanmoins figure d'exception. L'Alliance fédérale du Crédit Mutuel compte Anne-Sophie Van Hoove parmi ses dirigeantes, tandis que BPCE et La Banque Postale ont également intégré des femmes au sein de leur directoire. Malgré ces avancées, aucune grande banque française n'a encore confié sa direction générale à une femme, signe que les enjeux de diversité demeurent importants dans les plus hauts niveaux de gouvernance.

Une fédération sur qui COMPTER !

Face à une profonde mutation du secteur bancaire, marquée par la transformation des métiers, l'accélération de la digitalisation et l'évolution des organisations, la Fédération CFTC Banques et les syndicats qui lui sont affiliés jouent un rôle essentiel pour accompagner les salariés. Plus que jamais, ils défendent leurs droits, les soutiennent dans les transitions professionnelles et veillent à ce que les évolutions du secteur s'inscrivent dans un dialogue social constructif, conciliant performance des entreprises et protection des femmes et des hommes qui sont, et font, la richesse de ces groupes.